Café Turc, le podcast – Saison 2

“Café turc”, c’est le podcast francophone qui explore la culture et la société turque. Après une première saison avec Melissa, Anne-Cécile poursuit seule cette aventure sonore. Plus de reportages, un seul regard et toujours l’envie d’en apprendre un peu plus sur la Turquie !

Anne-Cécile Perrin

Anne-Cécile a travaillé à France Inter pendant 20 ans en tant qu’attachée de production, reporter et réalisatrice. Installée à Istanbul en 2022, elle collabore à différents projets audios et poursuit ce travail d’enregistrement, d’écriture, et de travail de la matière sonore qui l’entoure ici.

Episode 1 - La ferveur des supporters de foot

Pour cette nouvelle saison de “Café turc”, je vous propose un premier épisode sur les supporters de foot en Turquie. Et c’est naturellement vers le Çiçek pasaji derrière Istiklal, que j’ai commencé mon enquête avec des supporters du club Galatasaray. Une ferveur, une joie, une identité commune, tous me l’ont dit, au-delà de la politique, de la classe sociale, de la religion, ils sont supporters avant tout !
Avec:
Yusuf Kenan Çalık, journaliste sportif franco-turc, supporter de Fenerbahce.
Jean François Polo, politiste, Recteur-adjoint de l’université Galatasaray, détaché de son poste de Maître de conférences en science politique à sciences po Rennes
Efe et d’autres membres du club de supporters Ultraslan, avec qui j’ai partagé le quotidien de supporter un jour de match.

Episode 2 - Les métiers de rue

Quand j’étais petite, à Paris, rue La Fayette, se promenait un vitrier. Lorsque nous entendions ses cris, nous courions à la fenêtre pour le voir passer avec ses vitres accrochées dans le dos. Symbole d’un autre temps, il a disparu depuis bien longtemps.

Pourtant, en Turquie, il n’est pas rare de croiser un rémouleur aiguisant ses couteaux, un vendeur de boza à la nuit tombée, un cireur de chaussures au coin de la rue, un marchand de simit, un ramasseur de ferraille, un vendeur d’ail, de fleurs ou de mouchoirs… Pourquoi ces métiers de rue sont-ils encore aussi présents en Turquie ? Comment survivre avec des salaires si petits ? Et pourquoi ont-ils une place aussi importante dans le cœur des Turcs ?

Merci à Gülçin Erdi, Directrice de recherche au CNRS en mobilité à l’Institut Français des Etudes anatoliennes. Elle est responsable de l’Observatoire Urbain d’Istanbul.

Ainsi qu’à tous les vendeurs de rue rencontrés avec Ayse Tesson dans le quartier de Cihangir à Istanbul.

Episode 3 - La francophonie en Turquie

Kuaför, randevu, şezlong, mayonez, il y aurait plus de 5000 mots d’origine française dans la langue turque. Et c’est, avec les chats, une des premières choses qui m’a frappée lorsque je suis arrivée en Turquie. En levant les yeux dans les rues d’Istanbul, les enseignes estetik, dermatologi, veteriner, polis ou taksi m’ont sauté aux yeux ! Les lycées privés francophones attirent toujours autant d’élèves turcs. De nombreuses personnes âgées rencontrées parlent fréquemment le français. Mais pourquoi ? A quelle époque se sont tissés les premiers liens entre la France et l’Empire ottoman ? C’est ce que nous allons découvrir avec Emre Öktem, professeur de droit international à l’Université Galatasaray et Lydia Albukrek, pédiatre francophone et amoureuse de la langue française.

Episode 4 - Les dessous du Grand Bazar

21 portes, 62 rues, plus de 3000 boutiques, c’est ici au Grand Bazar que se retrouvent depuis plus de 600 ans vendeurs de tapis, maroquiniers, orfèvres, bijoutiers ou encore céramistes. C’est ici donc que se raconte une partie de l’histoire de la Turquie.  Lorsque vous pénétrez dans ce marché fermé du quartier de Fatih, c’est une ville entière qui s’offre à vous faite de dédales, de hans secrets, de restaurants, de mosquée, de banques… Mais pourquoi le Grand Bazar a-t-il une importance si grande en Turquie ? Que raconte-t-il du pays ? Quelle est son histoire et comment fonctionne-t-il au quotidien ? Quelle quantité d’or y circule ? Pour le comprendre, j’ai rencontré 3 figures de ce lieu emblématique qui ont accepté de me recevoir dans leurs boutiques.

Florence Ogutgen est installée depuis près de 40 ans à Istanbul. Elle vend ses tapis dans un dans un petit han du Grand Bazar.
Faruk Terzihan est bijoutier. Originaire de Mardin, il possède une boutique dans une des grandes allées du bazar.
Rezal Koç est propriétaire de boutiques de cuir. Il dirige également l’association des commerçants du Grand Bazar.

Episode 5 - Se nourrir en Turquie :
l'héritage de la cuisine ottomane.

Le premier plat que j’ai dégusté en Turquie, ce sont des raviolis fourrés à la viande recouverts de yaourt, de sauce tomate et d’épices, les fameux manti. Puis ce furent les gözleme, les dolma, les soupes de lentilles, les böreks, sans oublier les baklavas. Au-delà du goût, intéressons-nous à l’histoire de ces mets qui ont traversé les siècles depuis l’époque ottomane à nos jours. Comment se dégustent-ils ? Dans quel contexte ? Quel est l’héritage de la cuisine du Palais dans ce que nous dégustons aujourd’hui en Turquie ? De quand datent les restaurants à la mode européenne ? Et plus généralement, quelles sont les traditions et les rituels lorsqu’on s’attable ici. Regards croisés d’une historienne de l’alimentation et d’une anthropologue.

Özge Samanci est historienne de l‘alimentation spécialisée dans la cuisine ottomane, maitre de conférences à l’Université de Özyeğin, elle y dirige le département de la gastronomie et des arts culinaires. Elle est l’auteure de l’ouvrage «La Cuisine d’Istanbul au 19e siècle» aux presses universitaires de Rennes.

Marie-Hélène Sauner-Leroy est anthropologue. Maître de conférences à l’Université Aix-Marseille. Chargée de la mission pour la francophonie à l’Université Galatasaray à Istanbul.

Episode 6 - Les derviches tourneurs

Si vous vous promenez sur Bogazkesen, au Grand Bazar ou à Balat dans la Corne d’Or, impossible de ne pas tomber sur un bol, un sac, un plat recouvert de motifs derviches. Lorsque vous visitez Istanbul pour quelques jours, assister à un sema est devenu un incontournable. Mais qu’est-ce-qu’un derviche ? Le savez-vous ? Et un derviche tourneur ? Quel est son lien avec le soufisme ? Comment maintenir la tradition et la philosophie soufie aujourd’hui ? Dans ce dernier épisode avant l’été, nous partons à la rencontre de Jalaleddin Rumi, dit Mevlana, le fondateur spirituel de la confrérie des derviches tourneurs à Konya au 13ème siècle. 

 

Avec Kenan Gürsoy, philosophe, ancien professeur de philosophie à l’Université Galatasaray et ancien ambassadeur de Turquie près le Saint-Siège. Il préside la Fondation Cenan, établie dans l’ancien tekke de son grand-père soufi.

Celal Çelebi, 23e descendant en ligne directe de Mevlânâ Celâleddîn-i Rûmî. Il est à la tête de la fondation internationale Mevlana.

Mithat Ozcakil, derviche à la Kasımpasa Mevlevihane.

Elmas Aksu Karayel, artiste d’ebru

Episode 7 - Entre la France et la Turquie : Histoires de migrations

Il y a 60 ans, le 8 avril 1965 fut signé un accord migratoire entre la France et la Turquie. C’était l’époque des trente glorieuses, la France manquait de bras et, 4 ans après l’Allemagne, des milliers de travailleurs turcs sont partis tenter leur chance. 60 ans après l’arrivée de ces « pionniers », comment les enfants issus de l’immigration turque ont-ils vécu l’histoire de leur père puis du regroupement de leur famille ? Quelles sont leurs histoires, leurs ressentis, leur façon de vivre entre la culture turque et la culture française ? Rester en France ou repartir en Turquie ? Au-delà de cette histoire d’immigration, intéressons-nous à leurs témoignages intimes et propres à chacune.

Avec Gaye Petek, sociologue, directrice de l’association ELELE-Migrations et Cultures de Turquie de 1984 à 2010.

Et les témoignages de Elmas Aksu Karayel, Esra Cetinel et Suzanne Kalyoncu.