EXPOSITION ǀ Méditerranée – Est-ce là que l’on habitait ?

Institut français İzmir Sergi Salonunda
13.11.2026 10:00
05.01.2027

Sergi | Akdeniz – Burası mıydı yaşadığımız yer?
13/11/2026-05/01/2027
Institut français İzmir Sergi Salonu

Exposition | Méditerranée – Est-ce là que l’on habitait ?
13/11/2026-05/01/2027
Salle d’exposition de l’Institut français d’Izmir

Anne-Lise Broyer

Méditerranée – Est-ce là que l’on habitait ?

À l’occasion du bicentenaire de l’invention de la photographie, l’Institut français de Turquie invite l’artiste française Anne-Lise Broyer à présenter son exposition Méditerranée – Est-ce là que l’on habitait ? sur les rives de la mer Égée, à Izmir, avant une itinérance à Istanbul et Ankara en 2027. À travers une œuvre photographique profondément poétique, ou l’image dialogue avec la littérature, l’artiste explore les paysages, les traces et les mémoires des civilisations méditerranéennes. Entre vestiges antiques, horizons maritimes et territoires contemporains, ses photographies interrogent notre rapport au temps, à l’histoire et aux lieux que nous habitons. Présentée dans une ville au carrefour des cultures et des récits de la Méditerranée, cette exposition nous invite à porter un regard sensible sur une géographie partagée, entre mémoire, disparition et permanence.

 

Philippe Sollers, voix off du film Méditerranée de Jean-Daniel Pollet (1963)

« Une mémoire inconnue fuit obstinément vers des époques de plus en plus lointaines.
(…) On croit retrouver, survoler dans le noir un lieu d’autrefois. (…) Est-ce par-là que l’on doit entrer ? Est-ce là que l’on habitait sans le savoir ? (…) Éléments neutres, se tressant et se refermant avec une acuité décisive, évoluant ensemble vers un accord contrarié et sourd.
(…) Si en même temps quelque part, quelqu’un se mettait tranquillement à vous remplacer.
(…) Si les rôles étaient redistribués. »

Sally Bonn, docteur en esthétique

Dans les failles du territoire méditerranéen, s’entrelacent des temps immémoriaux et une possibilité d’avenir, mais aussi une question : Est-ce là que l’on habitait ?

L’interrogation à l’origine du projet au long cours d’Anne-Lise Broyer sous-tend une dimension géographique, historique et une mémoire secrète.

Elle y répond par un vaste ensemble photographique d’un gris sourd qui confronte imaginaire et réalité : portrait d’un espace en creux. La Méditerranée tient lieu de point de vue et de perspective.

La photographe se tient au cœur d’une étendue retournée, depuis cette mer de récit, de voyage, cette mer originelle, mythologique, devenue linceul.

Ses images d’horizons maritimes presque abstraits scandent les ruines anciennes et modernes.

Partie de Carthage, elle déploie son regard singulier pour lire le paysage méditerranéen dans une errance et une latence, d’Alger à Beyrouth, de Tipasa à Balbeck, en passant par Pompéi, Marseille, Césarée… les noms s’égrènent avec leur puissance littéraire et légendaire.

Dans un mouvement qui alterne douceur et brutalité, son chant photographique tresse avec la force de l’élégie les temporalités de ces lieux contemporains tout autant que rêvés, qu’elle replace dans le courant de la vie.

Ce sont des visages de marbre ou de chair, ils sont la même humanité vivante, vibrante et figée ; ce gris, est-ce de l’eau ? qui va et vient, qui recouvre la terre et s’éloigne, mouvement incessant du regard qui refuse de se fixer, dans un ressac.

Le mouvement de l’onde est le même que celui des images dont la surface et celle de la mer reflète notre mémoire enfouie et glissante.

Cette époque saturée de tensions appelle la suspension et le retrait, elle invite à trouver une attitude, un poste de veille, de garde. Anne-Lise Broyer tire de cette posture une force, une puissance de possible et d’indéterminé.

 

Soutiens et réalisation
Cette série a bénéficié du soutien du Centre national des arts plastiques, dans le cadre de son programme d’aide à la photographie documentaire, de l’Ambassade de France en Algérie et en Libye, ainsi que des Instituts français de Beyrouth, de Tanger, de Naples, de Tunis (dans le cadre du programme Villa Salammbo) et d’Istanbul. Elle a également reçu le soutien de l’Atelier Frank Horvat, du programme de résidences Amalia Gardens à Andros, de la Galerie 127 à Marrakech, des Rencontres de la photographie d’Arles et du musée Girodet.

Les tirages argentiques sont réalisés sur papier Ilford mat 5K par Guillaume Geneste (La Chambre noire, Paris), sous le contrôle de l’auteure.

Exposition ouverte au public du lundi au samedi de 10h à 19h*, entrée libre.

*Les horaires peuvent varier lors des jours fériés — merci de vous renseigner avant votre visite.


Anne-Lise Broyer

Née en 1975 à Lons-le-Saunier, Anne-Lise Broyer vit et travaille à Paris.

Lauréate de la première résidence au musée de l’Armée – Hôtel national des Invalides en 2023 et du prix Niépce-Gens d’images en 2024, elle poursuit depuis plus de vingt-cinq ans un travail photographique qui peut se résumer comme une expérience de la littérature par le regard, nouant intimement lecture et surgissement de l’image.

Elle travaille ses séries comme un écrivain manie la langue, mais dans une langue qui se parle et s’entend par l’œil. Ses images sont tirées sur papier mat, celui du roman. Elles renvoient à un réel lointain, respecté.

Elle s’enseigne à l’École des Beaux-arts de Bretagne, site de Lorient.