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16ème Biennale d’art contemporain d’Istanbul

article par Soline Lagarde

Crédit photo Nathalie Ritzmann

L’inauguration de la 16ème Biennale d’art contemporain d’Istanbul a eu lieu le 10 septembre au Palais de France à Istanbul avec l’intervention de SEM Charles Fries, l’Ambassadeur de la France  en Turquie. Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion du lancement, l’Ambassadeur de France en Turquie, M. Charles Fries, a indiqué qu’il était « naturel que l’Ambassade de France s’associe à cette problématique si essentielle dans le débat contemporain ». « Face à ces défis, nous sommes aujourd’hui, comme le dit le Président de la République, M. Emmanuel Macron, mis en demeure de bâtir « un nouvel humanisme », a-t-il souligné.

Organisée par la Fondation IKSV d’Istanbul, du 14 septembre au 10 novembre, la Biennale d’Istanbul a pour titre « Le Septième Continent ». Un nom qui fait référence au « continent de plastique » situé dans le Pacifique, un espace de 3,4 millions de kilomètres composé de déchets. L’anthropocène, caractérisée par l’ère des activités humaines qui prennent le pas sur la géologie, est approprié par les artistes. Cet événement offre une réflexion sur l’art et l’écologie en abordant le vivant et les machines et l’impact de l’Homme sur son environnement.

Le commissaire d’exposition, Nicolas Bourriaud

Nicolas Bourriaud, né en 1965, est un commissaire d’exposition, historien de l’art et critique français, spécialisé dans l’art contemporain. Il est le directeur général de Montpellier Contemporain (MoCo), une institution qu’il a créée, réunissant le centre d’art La Panacée, l’École Supérieure des Beaux-Arts et le Musée MoCo, qui a ouvert ses portes en juin 2019. Il a été le directeur de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris de 2011 à 2015. De 2010 à 2011, il a dirigé le département des études du Ministère de la Culture en France. Il a été conservateur pour l’art contemporain au musée Tate Britain à Londres de 2007 à 2010 et fondateur et conseiller pour la fondation Victor Pinchuk à Kiev. Il a aussi fondé et co-dirigé le Palais de Tokyo, à Paris, de 1999 à 2006.

Les ouvrages de Nicolas Bourriaud sur la Postproduction et Esthétique relationnelle, traduits en turc en 2004 et 2005, ont été réimprimés par les éditions Bağlam en novembre 2018. La traduction turque de Radicant devrait également être publiée en 2019.

Les artistes exposés à la Biennale : 56 personnalités originaires de 25 pays

Agnieszka Kurant, Ambera Wellmann, Andrea Zittel, Anzo (José Iranzo Almonacid), Armin Linke, Charles Avery, Claudia Martínez Garay, David Douard, Deniz Aktaş, Dora Budor, Elmas Deniz, Eloise Hawser, En Man Chang, Eva Kot’ átková, Evru/Zush, Feral Atlas Collective, Glauco Rodrigues, Glenn Ligon, Güneş Terkol & Güçlü Öztekin, Hale Tenger, Haegue Yang, Jared Madere, Jennifer Tee, Johannes Büttner, Jonathas de Andrade, Korakrit Arunanondchai, Marguerite Humeau, Mariechen Danz, Monster Chetwynd, Luigi Serafini, Max Hooper Schneider, Melvin Moti, Mika Rottenberg, Müge Yılmaz, Ozan Atalan, Özlem Altın, Pakui Hardware (Ugnius Gelguda & Neringa Černiauskaitė), Paul Sietsema, Piotr Uklański, Norman Daly, Phillip Zach, Pia Arke, Radcliffe Bailey, Rashid Johnson, Rebecca Belmore, Sanam Khatibi, Simon Fujiwara, Simon Starling, Suzanne Husky, Suzanne Treister, Tala Madani, Thiago Rocha Pitta, Turiya Magadlela, Ursula Mayer, Ylva Snöfrid, Yuji Agematsu.

Les artistes français et/ou francophones exposés

Marguerite Humeau

Née en 1986 à Cholet, France. Vit et travaille à Londres. Elle a suivi des études à l’Académie de design d’Eindhoven aux Pays-Bas. Elle fait un master en « Design interactions » au Royal College of Art à Londres. Son travail s’inscrit dans la communication entre les mondes. Elle a fait son premier show solo au Palais de Tokyo en 2016 où elle a présenté « FOXP2 », un travail où des éléphants représentent des émotions.  S’appuyant sur des recherches scientifiques, elle trouve de la poésie dans la spéculation. Elle a ainsi imaginé un travail, « Lucy », qui reconstitue les organes de la première femme pour lui trouver une voix. Elle a aussi exposé à la Biennale européenne d’art contemporain Manifesta et au Victoria and Albert Museum.

David Douard
Montage de la exposition « En coulisses » de David Douard Palais de Tokyo, Paris. Février 2014

Né en 1983 à Perpignan. Il vit et travaille à Paris.  Il s‘est intéressé au lettrisme a fait du langage la source de son travail dont il se sert comme matériau. Il transforme des poèmes, souvent anonymes et déviants,  pour créer des sculptures. Il s’inspire également des technologies numériques pour créer un environnement parallèle. Il a exposé à la Fondation Ricard, à l’Astrup Fearnley Museet en Norvège, au Sculpture center de New York, à Fridericianum à Kassel et au Kunstverein de Barunschweig en Allemagne, au Musée d’Art moderne de Paris, au palais de Tokyo, à Battaglia à Milan et à l’Irish Museum of Modern Art.
Crédit photo Sandra Rocha pour M le Magazine du Monde.

 
Suzanne Husky

Elle est plasticienne et vidéaste, diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux en 2000 et d’une école de paysagisme aux Etats-Unis en 2010. Elle enseigne également à l’Ecole d’Art et design d’Orléans. Elle s’intéresse à la planète, ses ressources et ses hommes. Son art est engagé, il est un moyen d’alerter à travers le dessin, la sculpture, la photographie, la céramique et la tapisserie. Ses travaux « Le goût des choses simples », « Des territoires, des hommes et du temps » en témoignent, avec une touche d’humour. Sa dernière exposition s’appelle « Nouveau Ministère de l’Agriculture », au centre d’art et de design de Nègrepelisse. Elle a aussi exposé à la FRAC d’Aquitaine en 2019.

 
Kapwani Kiwanga

Née en 1978 à Hamilton, Ontario (CA). Elle vit et travaille à Paris. Elle a suivi des études en sciences sociales à l’Université McGill à Montréal et a étudié à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Elle s’intéresse à l’histoire, à l’anthropologie et à la décolonisation et elle utilise ces disciplines pour proposer des œuvres sur les sociétés contemporaines post-coloniales. C’est notamment le sujet d’Afrogalactica, une performance dans laquelle elle se présente comme venant du futur pour raconter l’histoire des Etats-Unis d’Afrique de 2058. Elle a exposé au Centre Pompidou en 2017, à la Gaîté lyrique et à Art Basel Miami en 2018.

Les 3 locations de la Biennale

  1. Istanbul resim ve heykel müzesi (Tophane, Beyoğlu)

Y sont exposés la majorité des artistes.

  1. Pera Müzesi (Tepebasi, Beyoglu)

Y sont exposés : Anzo, Pia Arke, Charles Avery, Norman Daly, Anna Bella Geiger, Ernst Haeckel, Evru/Zush, Sanam Khatibi, Melvin Moti, Glauco Rodrigues, Luigi Serafini, Paul Sietsema, Simon Starling, and Piotr Uklański.

  1. Büyükada island – divers lieux : Mizzi Mansion, Anatolian Kulübü, Taş Mektep, Hacopulo Mansion.

 

Programme de conférences du samedi 14 septembre

A l’inauguration et à la clôture de la biennale sont organisées des conférences. Anthropologiste, philosophe et sociologue s’associent aux artistes pour partager leurs points de vue sur le thème du septième continent et de l’anthropocène. Ils aborderont également des thématiques comme le féminisme, les théories de décolonisation, la cosmologie et la sociologie.

13.00-14.00    Laurent de Sutter & Monster Chetwynd

The Return of Man by Laurent de Sutter

Mandeville’s Fable of the Bees and the decline of Insects in Britain by Monster Chetwynd

14.10-15.10    Tobias Rees & Agnieszka Kurant

un-differentiate. indifference. Human by Tobias Rees

Collective Intelligence by Agnieszka Kurant

15.10-15.40    Kahve arası

 15.40-16.40    Jennifer Deger & Phillip Zach

Curating the Anthropocene by Jennifer Deger

Tremos by Phillip Zach

16.50-17.50    Emanuele Coccia & Eloise Hewser