RENCONTRE : LA COLONIE HONGROISE DE RODOSTO ET L’AMBASSADE DE FRANCE À CONSTANTINOPLE AU XVIIIE SIÈCLE

Institut français İstanbul
21.04.2022 - 17.00

En collaboration avec le Centre Culturel Hongrois.

Jeudi 21 avril à 17h, Institut français İstanbul

En collaboration avec le Centre Culturel Hongrois.

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Intervenant : Ferenc Tóth

 

Rodosto, ville située sur la côte européenne de la mer de Marmara, aujourd’hui Tekirdag en Turquie, fut le refuge du prince François II Rákóczi qui avait mené une guerre d’indépendance contre l’Empire des Habsbourg (1703-1711). Après la chute de cette guerre, le prince s’installa d’abord en France, puis il accepta l’invitation du sultan en 1717 pour participer à la guerre austro-turque de 1716-1718. N’ayant pu prendre part à cette guerre, le sultan s’engagea à entretenir le prince Rákóczi et son entourage dans la petite ville de Rodosto où ils constituèrent une communauté à part entière. Cette colonie hongroise était dotée des propriétés, d’un entretien régulier qui était payé longtemps au XVIIIe siècle par la Porte et d’une autonomie relativement importante ayant un chef en la personne du prince. Après la mort du prince, survenue en 1735, et celle de son fils, Joseph Rákóczi, en 1738, les Hongrois de Rodosto choisirent parmi eux un chef dont le titre survécut bien au-delà de l’existence d’une véritable communauté hongroise. Les membres de colonie hongroise s’intégraient dans la société levantine de Rodosto qui avait une importance de plus en plus considérable dans les transports et commerces maritimes. Un consulat français fonctionnait plus ou moins régulièrement à partir du milieu du XVIIIe siècle. La ville devint alors un important relais dans la navigation entre Constantinople et les Dardanelles, de même que dans la voie maritime des envois diplomatiques entre l’ambassade de France et la ville de Marseille. Certains Hongrois furent mêmes employés par la diplomatie française. Avec la disparition des Hongrois, leurs bâtiments se trouvaient dans un état délabré. Les missions diplomatiques et culturelles austro-hongroises de la fin du XIXe siècle redécouvrirent ces édifices et contribuèrent à leur restauration afin d’en faire des lieux de mémoires, des monuments de l’émigration des héros nationaux.

 

Ferenc Tóth, historien et romaniste hongrois, en 1995, il a soutenu une thèse de doctorat à la Sorbonne portant sur l’intégration sociale de l’immigration hongroise en France au XVIIIe siècle. Actuellement, il travaille comme directeur de recherches de l’Institut d’Histoire du Centre de recherches en Sciences Humaines de Budapest. Ses domaines de recherches : histoire des relations franco-hungaro-ottomanes aux XVIIe et XVIIIe siècles, histoire des militaires et agents hongrois au service de la France, l’influence des guerres turques en Europe à l’époque moderne. Il a déjà publié plus de 30 livres et 300 études, entre autres Ascension sociale et identité nationale. Intégration de l’immigration hongroise dans la société française au cours du XVIIIe siècle (1692-1815), Budapest (Officina Hungarica IX), 2000 ; Mémoires du baron de Tott sur les Turcs et les Tartares, Maestricht 1785. (édition critique), Paris-Genève, Champion-Slatkine 2004 ; Saint-Gotthard 1664, Une bataille européenne, Panazol (Ed. Lavauzelle), 2007 ; Mohács 1526 Soliman le Magnifique prend pied en Europe centrale (avec János B. Szabó), Paris (Ed. Économica), 2009 ; Un diplomate militaire français en Europe orientale à la fin de l’ancien régime. François de Tott (1733-1793), Istanbul (Editions Isis), 2011 ; La défaite ottomane. Le début de la reconquête hongroise (1683) (avec Philippe Roy), Paris (Ed. Économica), 2014 etc.

 

Entrée libre, sur inscription.

Uniquement en français.