EXPOSITION – EVA NIELSEN – INSULA

Dans la galerie de l'Institut français
16.09.2025 10:00
08.11.2025

İstiklal Cad. No:4
Taksim Beyoğlu

Exposition – Eva Nielsen 
Insula
16/09-08/11/2025
Dans la galerie de l’Institut français

À l’occasion de la Biennale d’Istanbul, en partenariat avec la galerie d’art The Pill Paris-Istanbul, l’Institut français de Turquie est heureux d’accueillir une exposition monographique consacrée à l’artiste franco-danoise Eva Nielsen, figure importante de la scène contemporaine européenne, nominée au Prix Marcel Duchamp 2025.

Formée aux Beaux-Arts de Paris, Eva Nielsen développe depuis une quinzaine d’années une œuvre singulière, à la croisée de la peinture, de la photographie et de l’installation.

Son travail se distingue par une recherche plastique rigoureuse, qui explore les frictions entre construction et effacement, entre paysage réel et territoire mental. Elle compose des images hybrides où se télescopent des fragments architecturaux, des paysages semi urbains et des motifs graphiques, dans une tension constante entre figuration et abstraction. L’artiste utilise la sérigraphie sur toile comme point de départ, qu’elle retravaille ensuite à la peinture à l’huile et/où à l’acrylique, créant des surfaces ambivalentes, troublantes, à lisière du visible.

Ses œuvres évoquent des lieux transitoires – friches industrielles, périphéries, territoires oubliés – mais jamais anecdotiques. Ces paysages deviennent les supports d’une projection intérieure, les témoins d’un monde en mutation, marqué par l’incertitude, l’ambiguïté, la perte de repères. Le vocabulaire formel d’Eva Nielsen oscille entre stratification, opacité et transparence, convoquant des lignes de fuite où se mêlent utopie architecturale et mémoire des lieux.

Une mémoire des lieux non vécus, les paysages qu’évoque Eva Nielsen ne sont pas seulement des lieux oubliés ou en transition — ce sont aussi des espaces fantômes, marqués par une infime occupation humaine, une forme de non-habitation. À l’image de Sihanoukville, au Cambodge, ou dans certains paysages du sud de l’Espagne, où des villes entières ont été bâties sous l’élan spéculatif, puis abandonnées avant même d’avoir été habitées, ces territoires racontent une double disparition : celle du paysage naturel et celle de l’imaginaire collectif.

Mais au sein même de cette vacance apparente surgit parfois une présence humaine à peine perceptible, spectrale, indicible, fragile. Une silhouette diffuse, une ombre entre deux couches de matière, une trace. À première vue, ses œuvres semblent désertées, mais en y regardant mieux, des figures peuvent apparaitre, évanescentes presque effacées, la mémoire du temps de notre humanité.

Ces ruines, vestiges d’un urbanisme sans racines ni finalité sociale, deviennent dans l’œuvre d’Eva Nielsen les signes silencieux d’un monde épuisé par ses propres désirs d’expansion. Elle en recueille les traces — fragments, structures, silhouettes — pour en faire le matériau d’un récit sensible, entre effacement et rémanence, où la mémoire du non-vécu trouve une forme, une peau picturale, une voix, chaque couche raconte une histoire, une mémoire suspendue.

Présentée dans de nombreuses institutions et biennales (Centre Pompidou, musée d’art moderne de Paris, musée de l’Orangerie, MAC VAL, Pernod Ricard Foundation, Biennale de Lyon, MOCA Los Angeles, les Abattoirs de Toulouse, le Louvre Lens, etc.), Eva Nielsen a su imposer une esthétique immédiatement reconnaissable, marquée par une grande maîtrise technique et une poésie discrète. Son œuvre interroge les formes de perception à l’heure des images saturées, et cherche à réinventer un regard attentif, lent, profond.

L’exposition proposée à l’Institut français d’Istanbul rassemble un ensemble de toiles récentes ainsi que des œuvres inédites, pensées en écho avec l’urbanité mouvante d’Istanbul qui a nourrit le travail d’Eva Nielsen depuis une dizaine d’années. À travers ce dialogue sensible avec la ville, Eva Nielsen poursuit sa réflexion sur les paysages de transition, les seuils et les espaces en suspens, résonnant avec les tensions et les mutations du monde contemporain.

L’Institut français de Turquie à Istanbul tient à remercier chaleureusement Eva Nielsen et la galerie The Pill Paris-Istanbul pour le prêt exceptionnel des œuvres et pour l’engagement aux cotés de l’artiste.

L’exposition sera ouverte au public dans la galerie de l’Institut français du lundi au samedi de 10h à 18h du 16 septembre au 8 novembre 2025.

Entrée libre.