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La nuit des idées : La gauche, le néolibéralisme et la stratégie populiste

SALT Galata
SALT Galata
31.01.2019 - 19:00

Pour combattre le néolibéralisme, la gauche doit-elle se convertir au populisme, à l’exemple de Podemos et de la France insoumise ? Depuis le Brexit, et avec la montée des partis xénophobes, de la Hongrie à l’Italie, nous vivons un « moment populiste ». Dans ce moment de démocratie précaire, avant de construire un peuple, il est urgent de reconstruire une gauche.

Rencontre : « La gauche, le néolibéralisme et la stratégie populiste »

Pour combattre le néolibéralisme, la gauche doit-elle se convertir au populisme, à l’exemple de Podemos et de la France insoumise ? Depuis le Brexit, et avec la montée des partis xénophobes, de la Hongrie à l’Italie, nous vivons un « moment populiste ». Toutefois, depuis Thatcher et Reagan, le populisme est plutôt l’instrument du néolibéralisme : Wall Street applaudit Trump. Quant à l’Europe néolibérale, c’est aussi « l’Europe forteresse » : Macron n’est pas l’anti-Salvini.
Loin d’être un remède au néolibéralisme, le populisme en est le symptôme. Les électeurs d’extrême droite ne sont pas des victimes dont il faudrait écouter la souffrance. On ne convertira pas leur ressentiment en révolte. Pour la gauche, la stratégie populiste est donc illusoire. Mieux vaut s’adresser à ceux qui refusent de céder aux sirènes du néofascisme : les abstentionnistes. La sociologie électorale débouche ici sur la théorie politique. Dans ce moment de démocratie précaire, avant de construire un peuple, il est urgent de reconstruire une gauche.

Éric FASSIN est professeur à l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis (département d’études de genre et département de science politique), et chercheur au LEGS (Laboratoire d’études de genre et de sexualité, CNRS). Sociologue engagé, il travaille en particulier sur la politisation des questions sexuelles et raciales et leurs croisements. Il a notamment publié Démocratie précaire. Chroniques de la déraison d’État (La Découverte, 2012), Gauche : l’avenir d’une désillusion (Textuel, 2014) et Populisme : le grand ressentiment (Textuel, 2017, traduction turque : Popülizm : Büyük Hinç, Heretik, 2018). En préparation : Le genre français (La Découverte, 2019).

Zeynep GAMBETTI est professeure de théorie politique à l’Université de Boğaziçi à Istanbul. Elle a obtenu son doctorat à l’Université de Paris VII sous la tutelle de Miguel Abensour en 1999. Sa recherche porte sur les théories de l’espace public, de l’action collective et de la violence structurelle. Parmi ses publications sont à mentionner de nombreux articles sur les mouvements politiques en Turquie ainsi que des ouvrages collectifs tel Vulnerability in Resistance: Politics, Feminism, Theory, coédité avec Judith Butler et Leticia Sabsay. Elle travaille actuellement sur la relation entre le néolibéralisme et le renouveau de l’autoritarisme.

Ayşen UYSAL était professeur à l’Université du 9 septembre à Izmir. Elle a été limogée de ses fonctions pour avoir signé la déclaration des « universitaires pour la paix » le 8 juillet 2018. Elle est chercheuse associée au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris au sein de l’équipe cultures et sociétés urbaines (CRESPPA-CSU), à l’Institut Français d’études anatoliennes (IFEA), ainsi qu’au Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBAC). Ses travaux sur les mouvements sociaux, l’activisme politique, la police et les partis politiques ont été publiés en plusieurs langues. Elle est auteur de plusieurs ouvrages sur ces thématiques.

 

 – PAUSE DE 20h30 À 21h –

 

Projection du film à 21h : Populisme, l’Europe en danger d’Antoine Vitkine, France | 2014 | 53’ 

Alors que le mécontentement enfle face à la crise, les mouvements populistes espèrent triompher lors des élections européennes de mai 2014. Sont-ils réellement en marche vers le pouvoir ? Enquête sur les rouages d’un extrémisme florissant.

Ils prétendent parler au nom du peuple, dont ils épousent habilement les attentes. À chaque problème, ils offrent invariablement les mêmes réponses : haro sur l’immigration, l’Europe et les élites. Marine Le Pen en France, Geert Wilders aux Pays-Bas, Beppe Grillo en Italie… : à grand renfort de formules chocs et de rhétorique simpliste, les leaders de ces mouvements, qui ont réussi à se construire une façade respectable, captent l’adhésion de citoyens toujours plus nombreux. À l’échelle européenne, certains d’entre eux choisissent désormais de s’allier pour conquérir le Parlement, comme la présidente du Front national et le chef de file de l’extrême droite néerlandaise, qui espèrent triompher lors des élections de mai 2014. Comment expliquer le succès grandissant de leurs formations ? Sont-elles en marche vers le pouvoir ?
Antoine Vitkine a enquêté aux quatre coins de l’Ancien Continent, filmant à hauteur d’homme les principaux protagonistes de la campagne pour les élections européennes, des électeurs aux chefs populistes, qui se livrent ici avec une rare liberté de ton. Il analyse les discours et les méthodes de ces formations tout en sondant les colères, les peurs et les frustrations sur lesquelles elles prospèrent. Un documentaire coup de poing au cœur des rouages de ce nouvel extrémisme, qui fait peser une menace inédite sur l’Europe.

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